DIRTY SOUND MAGNET ● La Maroquinerie, Paris

On vous avait fait découvrir Dirty Sound Magnet il y a quasi pile 2 ans à Petit Bain, les voici enfin de retour à Paris cette fois-ci dans l’excellente salle de La Maroquinerie pour nous partager leur dernier album sorti fin janvier, j’ai nommé Me & My Shadow. C’est donc avec un réel plaisir qu’on est allé écouter ça !

Et on a clairement pas été déçu ! On embarque direct et sans transition dès 20h15 et sans première partie (après tout c’est surfait les premières parties, surtout quand on est particulièrement dans l’attente !) pour un nouveau voyage méditatif avec notre gourou préféré, Stavros, qui entre toujours autant en vibration avec sa guitare dès les premières notes jouées.

Dès les premières chansons, le public est comme happé dans l’univers DSM, Dead Inside est par exemple magnifiquement adaptée pour le live avec un ligne rythmique de folie, hyper lourde, grâce aux talents de Maxime à la batterie et Marco à la basse.

« Et c’est que mardi » comme dirait Stavros, manifestement ravi et peut-être un peu impressionné par l’accueil chaleureux.

On va ensuite prendre une longue vague sur Calypso complètement transcendante.

Après Long Drive (un de mes préférées), nous sommes alors « collectivement et émotionnellement prêt à aller plus loin » dixit notre chaman préféré. Le plus loin en question mélange toujours des micro parties jazzy avant de revenir sur un son psyché, prog et heavy blues plus dense.

Stavros, en bon maître de cérémonie, annonce alors qu’ « On va sortir de la dramaturgie pour aller vers le boogie woogie du désert » avec un haussement de sourcil interrogateur, et avant la longue intro de Me & My Shadow qui déclenchera un premier mini pogo.

« On continue le voyage cette fois-ci il y a 100 ans, aux origines du rock, il y avait le blues et voici le blues des Alpes ! ». Et bien le Mississippi peut bien se tenir car ces Alpes là ne sont pas en reste et Power of this song, qui ouvre l’album, est parfaitement grandiose.

Petite pause pour nous partager qu’ « On a grandi dans la musique anglophone mais notre culture est francophone, on est Suisses donc jouer à Paris c’est spécial, c’est un peu comme jouer dans notre capitale » pour partager leur joie visible et les remerciements d’usage pour l’équipe technique et le tourneur.

L’harmonie entre les 3 compères est exacerbée, ils ne se regardent que peu et sont pourtant ultra alignés, on ressent bien l’immense expérience des live (rappelons que DSM passe sa vie littéralement ou presque en tournée dans le monde entier puisque outre la France et l’Europe le Mexique aura prochainement sa dose également). La basse-batterie est absolument incroyable et rend honneur à l’album, particulièrement bien mise en valeur sur le live et totalement hypnotique.

Après quelques anciens titres comme Mr. Robert très attendu des fans, on terminera ces 2 grosses heures sur une méditation qui tournera vite au pogo généralisé (Let’s Celebrate) et, si le public n’avait pas déjà été debout, ça aurait été une longue standing ovation (et on a déjà pu constater que ce n’est pas forcément gagné à la Maroq’ même quand c’est complet).

Un show complet, calibré mais qui reste profondément humain, et la part très belle à ce dernier album qui, n’en déplaise à Stavros et sa rigueur de l’enregistrement et de l’écoute, prend malgré tout une dimension très forte en live. Ces nouvelles chansons ne feront qu’ajouter de la qualité et du pur bonheur aux prochaines set list.

Le public en est ressorti heureux, les échanges au merch post concert en étaient la preuve, entre la nouvelle fan conquise par le concert et prête à les revoir 3 jours plus tard et celui qui s’est senti comme reboosté par la musique, ce sont certainement les plus beaux compliments qu’on puisse leur faire.

Un groupe encore une fois bien trop confidentiel par rapport à leur talent, comme dans un cocon dans cette jolie Maroq bouillante, et qu’on a déjà hâte de revoir.

Stay tuned pour une petite discussion backstage avec Stavros !

words & photos : Caroline Landré