QUATRE SAISONS AVEC LAST TRAIN

Last Train est un de mes groupes préférés. Juste un tout petit cran en dessous de Led Zep. Il faut dire qu’ils ont l’énorme avantage d’être vivants et comme ils ont tous passé les 27 ans, parions pour un bon moment encore, ce qui m’arrange.

Je dĂ©couvre ce groupe en 2015 je crois, en passant l’aspirateur. Ils passent sur Oui FM, je me dis « tiens c’est sympa ce truc Â» et l’animateur glisse alors « c’était Last Train, ils sont originaires de Mulhouse Â». Ah oui ? De Mulhouse, de chez moi, vraiment ? Et ils passent Ă  la radio et en plus c’est très cool ? C’est donc un coup de foudre. Puis mon premier concert ensuite Ă  la Maroquinerie en 2016, j’y vais seule, et je vois 4 gamins se la jouer rockeurs avec leurs cuirs et leurs clopes au bec, un peu tĂŞtes Ă  claques. Je vois aussi la fiertĂ© dans le regard de leurs parents prĂ©sents ce soir-lĂ . Et plus que tout j’entends leur musique. Je me demande comment ils font pour ĂŞtre si jeunes et si douĂ©s. J’écume leurs EPs, puis vient le premier album, The Weathering. Fast forward, entre 2 concerts, arrive le test crucial du 2eme album. Il sort un jeudi soir Ă  minuit, je le tĂ©lĂ©charge Ă  00h01. Mais je suis en sĂ©minaire pro, alors je prends mon mal en patience et je le lance enfin dans l’avion du retour. Pas les meilleures conditions d’écoute clairement, et pourtant, je me prends une claque. Pas une seule chanson Ă  jeter, toutes me parlent, toutes m’embarquent sur un grand huit sensoriel. The Idea of Someone. The Big Picture, Ă©videmment. Les frissons. Cet album est une pĂ©pite.

Des concerts, encore, parce qu’il n’y a que ça de vrai. Cette musique est devenue la bande originale de ma vie comme dirait Jean-Noël. Des moments incroyables, comme ce concert à Mulhouse, chez nous donc, où j’ai la chance de les photographier backstage avant la montée sur scène. Car oui, en plus d’être si talentueux ils sont gentils et accessibles.

Je ponce cet album pendant des mois, et j’y reviens souvent, selon l’humeur je trouve toujours quelque chose qui me correspond. Le dernier concert de la tournĂ©e, Ă  la Maroquinerie, ma salle prĂ©fĂ©rĂ©e, est incroyable. J’en chiale tellement j’ai des frissons… Et je ne suis mĂŞme pas au premier rang. Juste, je kiffe. Quelle belle clĂ´ture de chapitre. Les « merci ! Â» fusent dans la salle blindĂ©e de quelques 500 fans de la première heure. Les frissons encore en revoyant cette vidĂ©o.

Puis l’attente. Quoi pour la suite, après avoir si brillamment passĂ© le crash test du second album ? L’attente n’en finit plus… Rajoutons le fameux confinement par-dessus tout ça. J’en arrive Ă  regarder mes vidĂ©os de concerts sur Instagram tellement je suis en manque, ces Ă©motions de live me manquent terriblement.

On espère un album et lĂ , surprise, de nouveau. Je revois Jean-NoĂ«l au Noumatrouff de Mulhouse, Ă  la reprise du live, nous annoncer que pendant le confinement si on espĂ©rait un album c’est ratĂ© ils n’ont Ă©crit qu’une seule chanson. Rires un peu frustrĂ©s dans la salle. Et pourtant revoilĂ  un trĂ©sor : How Did We Get There ? 20 minutes d’un titre Ă©pique, on remonte sur le fameux grand huit des Ă©motions, tantĂ´t douces, tantĂ´t rageuses, reliĂ©es par l’Orchestre Symphonique de Mulhouse… Connaissant Last Train on sait que ces 4 -lĂ  sont fĂ©rus de bandes originales de film, alors quoi de plus logique que de nous rĂ©galer d’un court mĂ©trage intense, angoissant, mĂ©lancolique, pour illustrer cette chanson ? Julien, le rĂ©alisateur de la bande, s’y est collĂ©. Et histoire d’enfoncer le clou ils vont mĂŞme venir nous le prĂ©senter dans des salles de cinĂ©ma.

Mais comment font ces gars pour avoir autant de talent ?

Et de nouveau l’attente, comment sera ce 3e album ? Est-ce que ce sera finalement l’album casse-gueule ? Ou celui de la maturitĂ© dĂ©jĂ  tutoyĂ©e avec The Big Picture ?

RatĂ©, encore une fois un pas de cĂ´tĂ© et c’est l’ODNI (Objet Discographique Non IdentifiĂ©) One Motion Picture Soundtrack (OMPS pour les intimes). Evidemment tiens. On n’a pas de film sur lequel composer la BO ? Pas grave, on va la faire quand mĂŞme, et de la plus belle manière possible. RĂ©interprĂ©ter les titres existants en crĂ©ant une trame. Le tout en collaboration très poussĂ©e avec, encore, l’Orchestre Symphonique de Mulhouse. Clairement pas ce qu’on attendait. Je ne pense pas qu’il y ait eu beaucoup d’expĂ©riences de ce genre par d’autres groupes. L’implication des garçons est impressionnante, particulièrement de Jean-No et RĂ©mi dont c’est LE projet, et qui n’avaient pas mesurĂ© la somme de boulot que cela allait reprĂ©senter. Et on continue dans l’identitĂ© Last Train, pourquoi s’arrĂŞter lĂ  ? Cette fois-ci c’est une mini-sĂ©rie qui accompagne la sortie de l’album. Et une prĂ©sentation aux fans en live, en l’occurrence pour moi celle de Mulhouse, directement Ă  La Filature, lĂ  oĂą ils ont enregistrĂ© avec l’orchestre. Cet album, surprenant, m’accompagne maintenant dans les moments plus doux, en recherche de calme, et pour m’éloigner du stress.

NĂ©anmoins, dĂ©jĂ , Jean-No nous partage une confidence : le 4e (ou 3e ? ou 3e ½ ??) album est pliĂ©, enregistrĂ©, et ne devrait pas tarder, et on va revenir aux bases. C’est ici que commence mon annĂ©e avec Last Train. Car moi aussi pendant ce temps-lĂ  j’ai grandi, j’ai mĂ»ri, j’ai Ă©tendu ma culture musicale, j’écume les scènes parisiennes armĂ©e de mon fidèle Nikon, alors je suis prĂŞte. PrĂŞte pour ce rĂ©cit, moi qui n’aime pas Ă©crire. PrĂŞte pour me jeter Ă  l’eau, prĂ©parer 2 interviews avec l’espoir fou d’avoir ce temps d’Ă©change avec les gars. Spoiler : ça n’arrivera pas. Alors puisque je ne peux pas assouvir mon fantasme de reporter musical, je vais faire autrement. C’est ce que vous avez sous les yeux : ce n’est pas un live report, ce n’est pas une interview, c’est l’histoire de mon annĂ©e avec Last Train.

AUTOMNE 2024

Ça y est. Enfin. Enfin les nouveaux titres de Last Train, enfin on parle du nouvel album. Et ça tombe bien, je suis dans un nouveau chapitre de ma vie après une année un peu compliquée, j’ai besoin d’une nouvelle bande son. Sortie du premier single Home.

Je le tĂ©lĂ©charge au rĂ©veil le jour de sa sortie, je suis encore sous ma couette Ă  moitiĂ© endormie. Je lance le titre. Jean-No susurre Ă  mon oreille, tout (trop) doucement. Je monte le son. Ce n’est vraiment pas fort, je remonte le son. 01’04 je sursaute. Je suis rĂ©veillĂ©e je crois ! OK, on part carrĂ©ment sur une marche militaire. Finalement parfait pour m’armer pour une journĂ©e de taf ! Est-ce que j’ai headbangĂ© toute seule Ă  3’00 ? Peut-ĂŞtre. C’est fort, les guitares rock sont bien lĂ , la batterie sonne le rappel des troupes, Last Train is back. Et ça promet. Mais attendons la suite.

Viens ensuite The Plan. Pareil, des guitares, un son très calibré radio, assez court (très court quand on connait leur propension à faire des titres de 10min et plus), la voix éraillée. Simple et direct. Décidément ils sont énervés ! Ce n’est pas cette chanson qui révolutionnera le rock ni le style de Last Train mais c’est efficace, on sait déjà qu’on gueulera les paroles en live.

Enfin, la date tant attendue tombe : rendez-vous pris pour le 31 janvier pour la sortie de l’album. Mais surtout, un cadeau incroyable pour nous faire patienter : 4, je dis bien QUATRE soirĂ©es d’affilĂ©e sont annoncĂ©es Ă  Paris, Ă  la Boule Noire. Mise en vente quelques jours plus tard, autant vous dire que j’ai cliquĂ© plus vite que mon ombre pour assurer le coup et emmener les copains. Ce sera la première et la dernière pour moi, ayant dĂ©jĂ  prĂ©vu une petite excursion mancunienne entre les 2 pour aller voir Fontaines DC… L’impatience monte directement de deux crans car cette salle est toute petite, Ă  peine 200 personnes. Et pour une fois, sans mon appareil photo, je vais vraiment profiter Ă  fond du concert, premier rang tant qu’à faire.

[LA BOULE NOIRE – 28 NOVEMBRE + 01 DECEMBRE 2024]

Evidemment l’impatience. ArrivĂ©e tĂ´t mais sans plus, je suis surprise de la petite fille d’attente, assez courte finalement, et me rĂ©jouis dĂ©jĂ  de pouvoir truster le premier rang. Les copains arrivent, on se met en place, et on commence par dĂ©couvrir le groupe nantais Treaks, power trio punk rock enlevĂ© qui dĂ©jĂ  fait chauffer la salle. Si la dĂ©couverte est très bonne, ce n’est Ă©videmment pas cela qu’on attend. On attend que les lumières s’éteignent, que les stroboscopes pulsent au rythme de Home, on attend ce silence puis cette dĂ©flagration, ces pauses et ces reprises. Et au bout de peut-ĂŞtre deux minutes, l’arrĂŞt brusque. Malaise dans la salle, dans les deux sens du terme, et Ă©videmment le groupe aux petits soins avec ses fans, en toute bienveillance, marque une pause le temps de l’évacuation (spoiler : la personne va bien et reviendra le dimanche soir, invitĂ©e par le groupe !). Reprenons lĂ  oĂą on s’était arrĂŞtĂ© et c’est parti pour le grand huit, la dĂ©couverte de ces quelques nouveaux titres (4 prĂ©cisĂ©ment) qui dĂ©jĂ  prĂ©figurent un album rock incandescent, martial et Ă©nervĂ©. Les anciens titres toujours en support, et toujours The Big Picture en bouquet final.

Rebelote le dimanche soir. Cette fois-ci la file d’attente me permettra de faire connaissance avec d’autres fans (je ne le sais pas encore mais ce sont ces rencontres qui me mèneront bientĂ´t Ă  Bruxelles et Ă  Lyon). C’est important ces Ă©changes entre fans, j’adore faire dĂ©couvrir le groupe Ă  mes amis mais j’avoue que c’est aussi plaisant de se sentir en communautĂ©, de partager cet amour, car oui il s’agit bien d’amour : « IntĂ©rĂŞt, goĂ»t très vif manifestĂ© par quelqu’un pour une catĂ©gorie de choses, pour telle source de plaisir ou de satisfaction Â» d’après le Larousse. La première partie me laissera moins de souvenirs, je retiens plutĂ´t ces moments partagĂ©s, ces larmes sur le visage de ma voisine que je prendrai par les Ă©paules, ces verres Ă©changĂ©s après le concert et ces nouvelles amitiĂ©s créées ce soir-lĂ , car c’est ça aussi le pouvoir de Last Train.

ApartĂ© plus rĂ©cente, mais rĂ©cemment sur une Place de la RĂ©publique bondĂ©e, on me tape sur l’Ă©paule avec un sourire et je mets une seconde Ă  comprendre que le jeune homme porte une casquette Last Train tout comme moi. Sourire, check, pas une parole Ă©changĂ©e mais juste une connivence partagĂ©e, un bien joli moment !

HIVER

Des mois qu’on n’a pas vu le soleil à Paris, on est janvier, mois qui en ressenti dure environ 15 semaines… et le jour J qui se rapproche, ENFIN.

Première surprise en rentrant chez moi après Noel, une carte de vĹ“ux m’attend dans ma boite aux lettres : un petit coucou de Last Train qui nous offre, avec nos prĂ©-commandes de l’album, un nouveau titre ! One by One dĂ©barque dans mes oreilles et lĂ , gros crush sur cette chanson. On commence Ă  la batterie puis basse-voix, avant d’ajouter les guitares enfiĂ©vrĂ©es, toujours dans la continuitĂ© rageuse des 2 premiers titres. Titre encore assez calibrĂ©, mais pourquoi ce refrain me parle tant ? « All my life I’ve been running too fast, I don’t know why I’m still running out of time… Â». Il supplante immĂ©diatement The Plan, et je vais me le passer en boucle pendant plusieurs jours.

Les gars nous demandent de ne pas leaker d’ici la sortie de l’album et incroyable (ou pas, car les fans de Last Train sont très respectueux), mais rien ne sortira !

[NOUVEAU CASINO – 30 JANVIER 2025]

Deuxième surprise : et si on fĂŞtait ensemble la sortie de l’album ? Mais OK les gars, avec plaisir ! LĂ  encore je clique plus vite que mon ombre et c’est parti pour une release party au Nouveau Casino le 30 janvier. Au programme : petit set live, dj set, et on attend tous minuit ensemble et la sortie officielle de l’album.  J’achète ! Dans les faits : live très chouette comme toujours mais pourquoi se limiter aux 3 singles qu’on connait dĂ©jĂ  ? Un peu déçue de ne pas avoir eu d’autres titres en live, j’enquĂŞte un peu et on me dit qu’il faut laisser le suspens pour la tournĂ©e. Soit, mais la tournĂ©e est dĂ©jĂ  sold out et je pense que tous les fans prĂ©sents avaient dĂ©jĂ  achetĂ© leurs billets, donc bon… Passons au DJ set alors. Ah ok ça n’a strictement rien Ă  voir avec le sujet, Ă  part un titre de Fontaines DC qui fait sens, le style ne correspond pas Ă  Last Train et c’est tellement fort qu’on a du mal Ă  discuter. Arrive minuit moins dix, l’écran part sur une vidĂ©o exclusive avec son lot d’images d’archives trop mignonnes de leurs dĂ©buts tous gamins, on sourit et on est Ă©mus de voir le chemin parcouru. C’est d’ailleurs pour moi source de grand respect, connaissant et partageant leurs origines provinciales, de voir ces gosses fans de musique tracer leur route et rĂ©ussir Ă  devenir des rĂ©fĂ©rences du rock français.

Vient le dĂ©compte, tel un joyeux nouvel an dĂ©calĂ©, et le champagne est sabrĂ© ! Un gros gâteau avec l’illustration de la pochette nous rĂ©galera aussi. Mais il me tarde de rentrer et de pouvoir enfin Ă©couter l’album d’une traite !

[GROUND ZERO PARIS – 31 JANVIER 2025]

Histoire de pouvoir discuter un peu de cet album et du reste, et poser quelques questions de feu mes interviews qui n’auront jamais lieu, je me rends Ă©galement chez le disquaire Ground Zero (rue du Faubourg Poissonnière, très bonne adresse pour les amateurs) le 31 janvier. Petite rencontre tranquille avec le groupe, on doit ĂŞtre une petite vingtaine de personnes – et on remercie PIAS pour les bières (et la fantastique affiche gĂ©ante qui trĂ´ne dorĂ©navant dans ma cuisine !). L’occasion disais-je donc de poser quelques questions que je rassemble ici sous la forme d’une « presque interview collaborative Â» avec les personnes prĂ©sentes ce soir-là…

Evidemment la conversation commence autour du nouvel album et de sa crĂ©ation, oĂą l’on apprend que « Oui l’ordre des chansons est rĂ©flĂ©chi et a un sens, il y a notamment des fils rouges mĂ©lodiques qui se retrouvent au long de l’album. Les dissonances aussi sont mĂ»rement pensĂ©es. Â» Je dĂ©couvre au passage ce qu’est un triton (pour la faire courte, deux notes sĂ©parĂ©es par trois tons, lequel a bien mauvaise rĂ©putation puisque connu sous le nom d’ « intervalle du diable Â», par sa difficultĂ© Ă  ĂŞtre jouĂ© et la tension qu’il engendre Ă  l’oreille), utilisĂ© sur l’album III.

« Le rendu se voulait vraiment incisif, atmosphĂ©rique. On voulait faire des titres plus courts comme The Plan mais finalement…on ne se refait pas ! On a toujours bien aimĂ© la dynamique pour mettre en valeur un propos. L’amener en faisant silence et ensuite ça pète comme au cinĂ©ma, on fait ça depuis toujours en fait, dĂ©jĂ  sur Fire. Â»

Lorsque qu’on Ă©voque la diversitĂ© nouvelle des voix chuchotĂ©es et de tĂŞte : « On s’est senti plus libre sur cet album, il y a 5 ou 6 ans on se serait trop pris la tĂŞte Â».

On dĂ©couvre Ă©galement une nouveautĂ© au niveau de l’enregistrement de l’album :« Avant on jouait live et on enregistrait, donc la conception Ă©tait assez simple. Avec le travail sur OMPS on a voulu un cadre, une histoire sur cet album et c’était particulièrement nĂ©cessaire. Cet album c’est la première fois qu’on enregistre sĂ©parĂ©ment les instruments et la voix, ça nous a permis d’avoir plus de marge de manĹ“uvre en post production pour ajouter une cymbale par exemple sans toucher Ă  la batterie. La seule chanson enregistrĂ©e live c’est This Is Me Trying parce que c’était super important de se voir, de se regarder comme on en a l’habitude pour bien se synchroniser Â».

Difficile au final de mettre une Ă©tiquette puisque : « Tous les titres sont diffĂ©rents les uns des autres. Home part d’une loop electro mais avec des guitares, This Is Me Trying est plutĂ´t post rock… A la fin c’est la production qui a permis de crĂ©er un tout et une histoire cohĂ©rente. Avant d’enregistrer le disque nos parents nous ont demandĂ© si on allait faire un bel album (rires)… Â».

Il y a une question que j’aime bien poser aux groupes que je rencontre car je me la pose toujours mĂŞme si les histoires ne sont pas toujours Ă©videntes ni racontĂ©es, c’est l’origine du nom : « DĂ©solĂ© on n’a pas d’histoire rigolote Ă  ce propos… Au dĂ©but on s’appelait Children of Fire et on cherchait mieux, Last Train est venu comme ça et on a tous validĂ© Ă  l’époque via MSN (rires) et puis on a avancĂ© comme ça et c’était trop tard pour changer…  Un fan prĂ©sent ce soir-lĂ  rĂ©torque :« C’est le dernier train qui te sauve ! Â». Le groupe reprend : « Les Anglais trouvaient ça cool et en interview et dans les mĂ©dias ça ouvre Ă  pleins de jeux de mots… La meilleure ? Je ne sais pas mais la pire c’était le media Gonzai (connus pour descendre les albums). Ils ont sorti un article aujourd’hui et apparemment ils aiment bien l’album mais il y a 10 ans ils nous ont Ă©clatĂ©, l’article c’était une conversation entre le cerveau droit et le gauche qui finissait par « tout le monde descend du train Â». Bon il y avait beaucoup d’incohĂ©rences, ils disaient qu’on Ă©tait 5 de Paris… Ils avaient mĂŞme lancĂ© une pĂ©tition pour qu’on se trouve des CDI et qu’on arrĂŞte la musique ! A 20 piges ça nous avait marquĂ©, aujourd’hui heureusement on en rigole (et ils n’ont pas eu les 100 signatures sur la pĂ©tition alors qu’on avait nous-mĂŞme signĂ© !) et on se serre la main mais voilĂ , « tout le monde descend » … Â».

A propos de la vie de rockstars, on apprend que : « Effectivement aujourd’hui on a la chance de vivre de notre musique depuis 10 ans, mais on a aussi commencĂ© par l’intermittence. C’est aussi une entreprise qui tourne, Last Train Productions (et on a de moins en moins d’inspiration pour les noms (rires)), puisqu’on est indĂ©pendants et qu’on gère tout. Â»

Plus gĂ©nĂ©ralement aux questions autour du chant et de l’écriture, Jean-No explique que « chanter en anglais nous a toujours paru plus naturel par rapport Ă  la musique qu’on Ă©coute et ça permettait aussi de mettre un peu de distance au dĂ©but Â». Pour l’écriture des paroles Jean-No rĂ©pond en riant : « Bah ChatGPT ! Â» (Rires). Ça a toujours Ă©tĂ© assez personnel Ă©videmment, inspirĂ© par le quotidien, ce que j’ai envie de dire. Ce n’est pas une partie de plaisir pour moi, c’est mĂŞme la partie que j’aime le moins d’autant plus que c’est pĂ©rilleux quand ce n’est pas ta langue maternelle ; il faut ĂŞtre agile pour placer les bons mots et le sens, et ça prend Ă©normĂ©ment de temps. Globalement les paroles arrivent Ă  la fin mais pour III contrairement Ă  avant, il y a des thĂ©matiques et des punchlines qui sont arrivĂ©es en amont car je commence Ă  prendre de l’avance et Ă  Ă©crire mĂŞme quand je suis en vacances Â».

Au final il vaut quoi cet album ?

J’en retiens un grand huit des Ă©motions, la puissance et un cĂ´tĂ© « force tranquille Â»

Alors oui l’influence la plus Ă©vidente, la plus assumĂ©e c’est Nine Inch Nails, il n’y a pas photo. C’est dit d’entrĂ©e de jeu, c’est sans doute Ă©crit dans le dossier de presse et c’est ce dont toutes les reviews ont parlĂ©. Pourtant si on Ă©coute un peu plus et un peu plus attentivement, il y a plusieurs autres rĂ©fĂ©rences rock 90’s, une Ă©poque qu’ils n’ont pourtant qu’à peine connue vu leur jeune âge. Du Smashing Pumpkins et du Massive Attack par exemple. Il y a le morceau d’intro qui pète tout (Home) et Ă  ne surtout pas Ă©couter en voiture la première fois, le tube calibrĂ© radio (The Plan), jusqu’ici du classique qu’on est content de rĂ©entendre. Et au 3e morceau la première surprise, How Does It Feel ? et sa voix de tĂŞte pour le coup inhabituelle, très calme, planante. De lĂ  s’enchaine All To Blame clairement plus Ă©nervĂ©e voire mĂŞme un poil mĂ©tal. Retour sur du planant avec l’incroyable This Is Me Trying chantĂ©e du fond du couloir, qui nous rĂ©embarque dans les strates atmosphĂ©riques propres Ă  Last Train, sans forcĂ©ment avoir besoin de paroles d’ailleurs. Revenge, la balade plus calme (au dĂ©but du moins) avec du piano, avec une voix plus posĂ©e, moins forcĂ©e, et un très joli texte. On repart sans presque transition sur l’incisif One By One lui aussi calibrĂ© radio mais que je trouve plus travaillĂ© que The Plan, peut-ĂŞtre Ă  cause de la batterie particulièrement entĂŞtante sur ce titre. Et après un court interlude on termine (dĂ©jĂ ) sur I Hate You, soit du grand classique avec un dĂ©part calme, dont on sait pertinemment qu’il va finir par exploser mais quand ? Le tout en susurrant quelques insultes issues on le ressent d’une grande dĂ©ception (une hypothèse Ă©tant que la chanson soit adressĂ©e Ă  l’ancien patron de Deaf Rock).

Tous les synonymes de « Ă©nervĂ© Â» et « rageur Â» sont passĂ©s pour dĂ©crire cet album, j’en retiens un grand huit des Ă©motions, la puissance et un cĂ´tĂ© « force tranquille Â», oĂą l’on sent l’évolution de la rĂ©flexion, les choix plus affirmĂ©s.

Comme souvent il faut plusieurs Ă©coutes pour en attraper toute la profondeur. Alors oui globalement on n’est toujours pas sur des textes ultra joyeux, certains y voient une posture parfois trop appuyĂ©e et c’est comprĂ©hensible. Ceci dit la signature et l’identitĂ© Last Train, Ă  savoir ces changements de rythmes et cette verve rock rageuse sont toujours lĂ  et me semblent plus affirmĂ©s, plus mĂ»rs, peut-ĂŞtre aussi aidĂ©s par l’expĂ©rience OMPS. Il est certain qu’ après The Big Picture, l’exercice Ă©tait forcĂ©ment pĂ©rilleux tant cet album Ă©tait parfait de A Ă  Z, mais III n’est pas en reste et sachant que la force de Last Train c’est le live, je suis allĂ©e le tester sur plusieurs scènes !

PRINTEMPS (ou presque)

[BRUXELLES – 01 MARS 2025] & [TOULOUSE – 07 MARS 2025]

A l’annonce de la tournĂ©e, j’ai bien Ă©videmment sautĂ© sur les dates parisiennes. Déçue de ne pas avoir trouvĂ© Mulhouse dans la liste (Ă  date j’espère toujours pour 2026…), j’ai eu envie après les Boule Noire et le Nouveau Casino de me faire plaisir. Voyons voir, oĂą pourrais-je bien trouver un point de chute … ? Après mĂ»re rĂ©flexion et craquage, je pars sur Toulouse et Bruxelles.

Le show et la setlist Ă©tant dĂ©jĂ  rodĂ©s, finalement assez peu de diffĂ©rences entre les 2 villes si ce ne sont les premières parties : Aucklane pour Bruxelles et The Luka State Ă  Toulouse. On connaissait les accointances des deux groupes puisque Last Train a tournĂ© en Angleterre pour le rodage avec The Luka State donc rien de plus normal que de leur rendre la pareille en France, et chouette dĂ©couverte d’ailleurs d’un groupe engagĂ© ne lĂ©sinant pas sur leur prestation digne d’une tĂŞte d’affiche (ce sera confirmĂ© quelques jours plus tard Ă  Paris !). Aucklane quant Ă  elle joue en terre locale belge avec sa pop rock qui fait penser elle-aussi Ă  la BO d’un film.

Sur les deux prestations rien à redire, tout est direct et file droit, presqu’un peu trop parfois, tant on aimerait un poil plus de spontanéité – oui Jean-No marche systématiquement sur le public, oui on finit toujours par The Big Picture.

[JEAN-NO & GIBSON MUSIC & TALK – HOTEL KIMPTON – 02 JUIN 2025]

Rencontre presque imprévue avec Jean-Noël, invité par Gibson dans leur showroom à l’hôtel Kimpton pour une discussion et mini live acoustique avec quelques fans, format génial s’il en est (proposé le premier lundi du mois par Gibson avec des artistes rock tels que Warren du groupe Kokomo ou Laura Cox par exemple).

« On dit qu’une bonne chanson est une chanson qu’on peut interprĂ©ter en acoustique Â», et bien je n’étais pas prĂŞte pour la version de Home en berceuse folk, et pourtant, ça fonctionne terriblement bien !

Mais ça fait quoi alors de venir ici jouer en acoustique, seul qui plus est ? C’est plus simple ? Comment on s’y prĂ©pare ? « Last Train c’est les copains et l’émotion part aussi de lĂ . Comment je me suis prĂ©parĂ© ? DĂ©jĂ  en faisant le deuil de mes copains (rires), et puis seul dans ma chambre, comme souvent car les chansons partent de lĂ . Petite anecdote : je n’ai-je crois jamais jouĂ© avec d’autres gens et quand ça pu arriver je me suis dit « wow c’est bizarre Â» ! Â».

A propos de ce que peut reprĂ©senter la musique pour lui : « la musique c’est plus qu’une passion, c’est un besoin pour nous quatre. J’ai fait de l’équitation, j’ai mon galop 1 mais ce n’est pas comme la musique… Après le bac c’était plus qu’une envie et moi je n’avais pas de plan B Â».

Bonus Ă  la question « pourquoi le nom de Last Train ? Â» : « Last Train tu n’es pas fan du nom ? Oui mais c’est celui qu’on a choisi Ă  douze ans donc no shame, c’est comme ton prĂ©nom, moi je m’appelle Jean-NoĂ«l bon voilà… tu finis par l’incarner. Â»

A propos de cette folle version de Home interprĂ©tĂ©e ce soir-lĂ  : « Quand on a commencĂ© Ă  composer avec les garçons, on avait en tĂŞte de composer d’une manière diffĂ©rente de ce qu’on avait toujours fait, Ă  savoir moi dans ma chambre avec une idĂ©e que je triture jusqu’à ce que je pense pouvoir la partager avec les garçons. Home a une approche plus Ă©lectro, comme une boucle qui tourne Ă  l’infini sur laquelle on rajoute des Ă©lĂ©ments petit Ă  petit pour monter en puissance. Et puis on est Last Train donc jusqu’à faire exploser le bordel quoi (rires). On Ă©tait en studio et on voulait un truc un peu glauque, on a cet audio et on se demande quoi faire… Avec RĂ©mi (Gettliffe, le 5e Beatle, producteur) on imagine une ligne de voix un peu glauque donc, comme une comptine, on cherchait avec Rems dans le stud, on Ă©coutait de la folk et voilĂ  ! Â»

On comprend bien que Last Train c’est vraiment une crĂ©ature Ă  4 (voire 5) tĂŞtes, indissociables et ce depuis leur plus jeune âge. D’ailleurs aucune reprise pour Last Train, mĂŞme Ă  leurs dĂ©buts tous minots, « on a appris en se regardant et sans jamais faire de reprise, et c’était sans voix au dĂ©but. On a fini par la rajouter car c’était plus conforme Ă  ce qu’on Ă©coutait et je m’y suis collĂ© Â». Mais cela ne les empĂŞche pas de chercher Ă  se renouveler et sur ce nouvel album, ils ont tentĂ© une nouvelle façon d’enregistrer : « On voulait un maximum de manĹ“uvre en post-production donc on a enregistrĂ© sĂ©parĂ©ment ce qu’on n’avait encore jamais fait Â».

La discussion de terminera sur ce qui prouve encore une fois la force de ce collectif, leur indĂ©fectible cohĂ©sion et amitiĂ©. A la question « Vous ĂŞtes catĂ©gorisĂ©s dans la presse comme le renouveau du rock français, Zegut vous qualifie de nouveau Noir DĂ©sir, c’est une pression ? Â», la rĂ©ponse sera cinglante et catĂ©gorique : « Bon moi en toute honnĂŞtetĂ© je ne vois pas 3% de rapport avec Noir DĂ©sir, il y a toujours quelqu’un pour nous le dire après les concerts mais je ne vois pas, si quelqu’un veut nous faire un exposĂ© ? (Rires) Mais la pression non, ça donne de la force et ĂŞtre 4 ça permet de servir le projet, quand il y en a un qui part en lattes les 3 autres le recadrent vite ! Â»

ETE

[HELL FEST CLISSON – 20 JUIN 2025]

Je suis devenue fan du Hellfest un peu après tout le monde… Ce n’est finalement que ma deuxième annĂ©e sur zone mais j’essaie de rattraper le temps perdu, donc je suis encore en mode coup de foudre avec le lieu, la programmation, l’ambiance … Apprendre que Last Train allait y jouer cette annĂ©e c’est la cerise sur le gâteau, qui a du sens d’ailleurs. Non ce n’est pas mĂ©tal, mais tout n’est pas mĂ©tal au HF et clairement Last Train y a sa place avec son rock furieux. Alors je suis forcĂ©ment impatiente. Main stage tout de mĂŞme, en milieu de journĂ©e et en pleine canicule. Le temps de saluer les garçons rapidement backstage, je joue des coudes dans la fosse avec mon gros appareil photo pour me rapprocher. Et oui il est 13h mais je dois jouer des coudes car la foule rĂ©pond prĂ©sente et est bien compacte. On remarque les fans avec leurs casquettes mais beaucoup de curieux je pense, vite conquis vu l’ambiance. Photographiquement je suis un peu loin mais quel plaisir d’avoir enfin de la lumière ! Le jet d’eau n’est pas de trop pour nous rafraichir (mon appareil apprĂ©cie moins) tant le soleil tape et la foule se condense. J’en ressors nĂ©anmoins mitigĂ©e : la fiertĂ© de voir tant de monde dans un contexte musicalement exigeant mais aussi la frustration de la playlist. A mon sens elle aurait pu ĂŞtre mieux adaptĂ©e Ă  l’endroit. OK c’est la tradition de finir sur The Big Picture, admettons, mais pourquoi diantre ne pas avoir claquĂ© All to Blame qui avait toute sa place ici ?

Je finis rincĂ©e (dans tous les sens du terme) et un peu déçue (oui ça peut arriver !). Voyons ce que donnera leur Ă©tĂ© full festivals, ils vont Ă©cumer Ă  peu près tout ce qui se fait de rĂ©jouissances festivalières (c’est le 2e artiste français le plus programmĂ©, sans compter les festivals Ă©trangers et renommĂ©s).

[NUITS DE FOURVIERE LYON – 19 JUILLET 2025]

Escapade lyonnaise imprĂ©vue entrainĂ©e par deux amies, je les retrouve finalement dans leur fief au festival des Nuits de Fourvière. JournĂ©e pluvieuse mais l’arc-en-ciel s’annonce peu avant le dĂ©but des concerts dans un cadre tout Ă  fait somptueux (imaginez un théâtre antique romain, rien de moins). Programmation Ă©clectique : les copains de Johnnie Carwash ouvrent le bal, suivis par The Lemon Twigs (sorte de sous Beatles). OK, surprenant. Je l’aurais plutĂ´t vu en sens inverse mais bon, profitons-en pour un petit passage au merch et au bar pour se mettre en place ensuite, et pour une fois pas au premier rang. Choix judicieux qui me permettra d’admirer le light show dans toute sa splendeur, particulièrement beau. Excellente set list Ă©galement, parfaitement balancĂ©e entre anciens et nouveaux titres, Ă  mon sens la meilleure Ă  ce jour (peut-ĂŞtre parce que cette fois-ci All to Blame Ă©tait enfin lĂ  ?).

Ce sera tout pour moi cette annĂ©e en mode festival mais j’ai bien sĂ»r captĂ© quelques Ă©chos, notamment pendant les EurockĂ©ennes oĂą un incident a vivement fait rĂ©agir Jean-Noel : « Stop stop stop sortez les s’il vous plait, on ne tolère pas la violence ici, mesdames et messieurs ici c’est une safe place, on ne tolère pas la violence, prenez soin les uns des autres. S’il y a quelqu’un ce soir qui ne se sent pas safe il fait signe, on arrĂŞte le concert et on tej la personne, fin de l’histoire, ok ? Â». Quand je vous disais qu’en plus ils sont bienveillants !

Et bien sĂ»r la folle annonce faite Ă  Rock En Seine d’un Zenith pour 2026 (est-ce que j’ai dĂ©jĂ  mes places, achetĂ©es Ă  10H02 le jour de la prĂ©-prĂ©-vente ? question purement rhĂ©torique…). Je dois dire que lĂ  aussi je suis un peu mitigĂ©e, une si grande salle c’est Ă©videmment une consĂ©cration pour eux et amplement mĂ©ritĂ© et je ne doute pas qu’il sera complet et que ce sera le feu mais je m’interroge sur la suite. La logique commerciale de l’histoire voudrait du toujours plus, toujours plus grand… Jean-NoĂ«l me disait Ă  ce propos que le groupe n’était pas forcĂ©ment Ă  l’aise dans les très grandes salles (type Bercy/Accor Arena) et tenait au cĂ´tĂ© intimiste, ce qu’a prouvĂ© ce dĂ©but d’annĂ©e 2025, donc espĂ©rons qu’ils rĂ©ussiront Ă  garder cet esprit et cette balance entre grandes salles nĂ©cessaires Ă©conomiquement et petites salles proches du public. Le dĂ©bat est toujours difficile pour les fans de la première heure qui estiment parfois « ĂŞtre les premiers Â» et donc peuvent avoir tendance Ă  « dĂ©nigrer Â» les nouveaux fans (Ă  ce sujet le dĂ©bat a Ă©tĂ© abordĂ© par Marie Luba de OuĂŻ FM sur Instagram, je recommande) qui ont bien sĂ»r tout autant le droit Ă  leur part du gâteau et il faut ĂŞtre joyeux de pouvoir le partager mais j’avoue, j’ai un peu l’impression que les oisillons quittent le nid du « petit groupe Â» et deviendront par la force des choses moins accessibles aux « anciens Â»â€¦ L’avenir nous le dira !

AUTOMNE

Le groupe continue de tourner sans relâche ou presque, passant aussi par nos voisins europĂ©ens, dans de toutes petites salles. Pour ma part je fais une petite pause nĂ©cessaire, c’est aussi ce qui me permettra d’y revenir avec envie et impatience dĂ©but dĂ©cembre pour 2 belles dates Ă©videmment complètes au Trianon, selon moi la plus belle salle de Paris, que les garçons avaient dĂ©jĂ  retournĂ© en 2019 pour un concert qui Ă©tait Ă  l’époque leur point d’orgue et qu’ils avaient particulièrement apprĂ©ciĂ©. Alors on rameute les amis, on charge les batteries de l’appareil photo et derniers rounds de cette annĂ©e avec Last Train !

[TRIANON – 04 & 05 DECEMBRE 2025]

Deux très belles soirées donc dans un Trianon à chaque fois complet et très chaud. La ferveur du public faisait encore une fois plaisir à voir, on sent qu’il grandit et on voit la joie de ceux qui découvrent la prestation, peut-être après les avoir vu en festivals cet été. Le public des gradins, un peu timide le premier soir, se lèvera un peu plus le second soir et les sourires à la sortie en disent long sur la passion et le plaisir que peut susciter le groupe en live, à tout donner à 200%.

Les setlist sont identique Ă  une variation près, All To Blame le premier soir (vraiment je ne comprends toujours pas pourquoi cette chanson n’a pas Ă©tĂ© jouĂ©e au Hellfest…) remplacĂ©e par One By One le lendemain. D’ailleurs Jean-NoĂ«l en plaisantera en parlant des « chansons « mĂ©tal Â» depuis les festivals mĂ©tal de cet Ă©tĂ© Â», notamment pour introduire ironiquement The Idea Of Someone. Il sourira Ă©galement des chĹ“urs improvisĂ©s de quelques tĂ©nors plus ou moins justes et pour le moins … rugueux sur Golden Songs le premier soir !

On a l’immense plaisir de découvrir deux nouvelles versions piano voix incroyables de The Idea Of Someone et Revenge, pleines de sensibilité dans l’interprétation de Jean-Noël, mais également de force avec un petit solo de batterie de toute beauté sur Revenge.

« On ne prend pas pour acquis d’avoir ce public si fidèle, jamais Â»

Outre tous les remerciements d’usage – et il y en avait beaucoup puisque « on dit qu’il faut tout un village pour Ă©lever un enfant, et bien il en faut un aussi pour Ă©lever un groupe Â» et la garde rapprochĂ©e est maintenant assez consĂ©quente entre Ă©quipes techniques, labels, Ă©diteurs etc…- l’accent a aussi Ă©tĂ© mis sur le futur Zenith de 2026, prĂ©vu initialement en petite configuration, ce qui leur semblait dĂ©jĂ  fou : « On pensait faire un petit truc mais il s’avère que vous ĂŞtes dĂ©jĂ  4000 Ă  avoir pris des places donc on fĂŞtera ça dans un grand Zenith et on remet des places en vente Â». Le discours sera sensiblement le mĂŞme le vendredi soir, remerciements en plus pour les parents prĂ©sents et surtout merci au public : « On ne prend pas pour acquis d’avoir ce public si fidèle, jamais. Vous Ă©tiez peut-ĂŞtre ici au Trianon il y a 6 ans ou hier soir, ou Ă  l’Olympia, et on espère que vous serez au Zenith et on vous remercie Â».

Petite mention pour les deux premières parties, mon coup de cœur ira sur Saint Agnes pour son côté metal et sa chanteuse charismatique, sans oublier Hot Wax plus côté punk / riot girls.

Une belle double clôture d’une année à 70 concerts pour accompagner cet album III et clairement la série des festivals aura apporté une aura encore plus grande à ce groupe qui le mérite tant.

THE END ?

Nous y voilĂ . Un an après, 70 concerts pour eux, quelques centaines de photos en plus pour moi, des hauts, des bas, des pauses. Last Train a grandi, a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une visibilitĂ© sans prĂ©cĂ©dent au cours de l’étĂ© des festivals, va remplir un grand Zenith l’annĂ©e prochaine… Et c’est fantastique car c’est bien lĂ  la finalitĂ© du projet, partager sa musique au plus grand nombre ! Cela rĂ©compense des annĂ©es de travail que j’ai pu observer de loin, un investissement sans faille tout en restant sincères. Alors pour cela un grand bravo Ă  vous les gars ! J’espère pouvoir dire que l’un de nos points communs c’est la passion et l’engagement.

Pour ma part cette annĂ©e aussi m’aura fait grandir, et suivre cette aventure m’aura fait toucher du doigt ce fameux rĂŞve inavouĂ© de journalisme musical. Si vous avez lu jusque-lĂ , dĂ©jĂ  merci et j’espère que le voyage vous a plu.  Je ne sais pas Ă  quoi ressemblera la suite, si l’expĂ©rience se reproduira ou pas, mais ce que je sais avec certitude c’est que Last Train fera toujours partie de la BO de ma vie. Rendez-vous dans la fosse !

words & photos : Caroline Landré