JAY BUCHANAN ● Les Etoiles, Paris

Dans la bien nommée salle Les Etoiles, Jay Buchanan nous a offert une soirée hors du temps, un pur moment de plaisir et d’émotions avec seulement une guitare, ses histoires et sa touchante vulnérabilité.
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Malgré un set composé d’une petite dizaine de chansons seulement, le spectacle lui-même aura duré 2 heures grâce à la narration de Jay et aux interactions avec le public. Il nous a parlé de sa vie, de ses regrets, et de sa détermination à tourner la page sur son passé. Il nous a également raconté, voire même conté, l’écriture de cet album intimiste, alors qu’il se terrait dans une mine d’or désaffectée dans le désert de Mojave, et l’histoire derrière presque tous les morceaux. Les coyotes, les “tumbleweeds” et le feu de camp, c’est comme si on y était réellement.


Les explications autour de ses chansons ont permis aussi de comprendre la dimension très personnelle de son écriture, là où je vous parlais il y a quelques semaines de la vie dans l’Amérique profonde, finalement c’est beaucoup de la sienne qu’il s’agit. Il nous a longuement décrit son déménagement depuis Nashville vers ses terres natales de Californie et toutes les incertitudes de cette période, ou bien comment il a réussi à acquérir la maison dans laquelle il vit aujourd’hui malgré de nombreuses embuches, financières notamment.
De ce passé raconté, de ses souvenirs de jeunesse littéralement brûlés, de sa difficulté parfois à écrire, et des hommages rendus aussi au travers de ses textes, c’est un Jay “nu” (ou presque !) qui s’est présenté à nous, comme il l’a redit plusieurs fois. Mise en scène dépouillée, deux guitares, un dulcimer, un vase contenant 4 roses rouges et un verre de vin, rouge lui aussi, Jay s’est livré à cœur ouvert, avec simplicité et émotion. Exercice difficile mais présenté comme nécessaire, car parfois pour dépasser les difficultés de la vie, il faut les affronter. “Ce n’est pas être fragile finalement, mais au contraire être “powerful as fuck””. Il l’a annoncé d’emblée, il est là pour prendre son temps, parler : “je ne crée pas des produits je crée des chansons, la première, comme les suivantes, étant incroyablement lente”. Et même les petites imperfections ou les micro oublis de paroles sur certaines chansons plus anciennes ne feront que renforcer cette honnêteté et cette profonde humanité.

Le public parisien aura été au rendez-vous, encourageant parfois même avant le début d’une chanson ce qui le fera sourire, et “vous êtes vraiment mon public préféré, vous le savez”. Les yeux seront humides à l’annonce de la dernière chanson, Shooting Stars, suite à sa reprise par la Chorale du 13 lors de la cérémonie de commémoration des attentats de 2015 en novembre dernier, chorale par ailleurs invitée et présente ce soir là.
La setlist a été spécialement pensée pour cette soirée et s’il a annoncé revenir plus tard avec un groupe autour de lui, il a réinsisté sur cette nécessité de se présenter à nu, ce qui, avec ses chansons, est certainement le plus beau cadeau qu’il pouvait nous faire …

In the aptly named venue Les Étoiles, Jay Buchanan gave us a night suspended in time — a pure moment of pleasure and emotion with nothing but a guitar, his stories, and his disarming vulnerability.
Despite a setlist of a dozen songs, the show itself lasted nearly two hours thanks to Jay’s storytelling and his constant interaction with the audience. He spoke about his life, his regrets, and his determination to turn the page on his past. He also told us — almost like a fireside tale — about the writing of this intimate album, composed while he was holed up in an abandoned gold mine in the Mojave Desert, and shared the story behind almost every track. Coyotes, tumbleweeds, a crackling campfire — it felt as though we were truly there.
His explanations shed light on the deeply personal dimension of his songwriting. A few weeks ago, I mentioned how his music reflects life in small-town America — but in truth, it is very much his own story he is telling. He spoke at length about his move from Nashville back to his native California, about the uncertainties of that period, and how he eventually managed to buy the house he now lives in despite numerous obstacles, especially financial ones.
From this recounted past — from youth memories quite literally burned away, from his occasional struggles to write, and from the tributes woven into his lyrics — it was a “naked” Jay (or almost!) who stood before us, as he himself repeated several times. A stripped-down stage: two guitars, a dulcimer, a vase holding four red roses, and a glass of red wine. Jay opened his heart with simplicity and emotion. A difficult exercise, but one he described as necessary — because sometimes, to overcome life’s hardships, you have to face them head-on. “It’s not about being fragile,” he said, “it’s about being powerful as fuck.” He made it clear from the start: he was here to take his time, to talk. “I don’t create products — I create songs. And the first one, like the others, is incredibly slow.” Even the small imperfections or fleeting forgotten lyrics in older songs only deepened the honesty and humanity of the moment.

The Parisian audience showed up fully, sometimes even applauding before a song had begun — which made him smile. “You really are my favorite audience, you know that.” Eyes grew moist when he introduced the Rival Sons’ song, Shooting Stars, after its recent performance by the Chorale du 13 at the November commemoration ceremony for the 2015 attacks — a choir that, fittingly, was invited and present that very evening.
The setlist was thoughtfully crafted for this particular night. Although he mentioned he would return later with a full band, he emphasized once again the need to present himself bare and unguarded. And with songs like these, it may well be the most beautiful gift he could give us.

words : Caroline Landré
photos : Brian Downie
