ALBUM REVIEW ● JAY BUCHANAN : WEAPONS OF BEAUTY

” Alors que la musique continue d’être étouffée par la technologie, je voulais dessiner des images dans la saleté,” déclare Buchanan. “Je suis aligné avec cette approche, et je suis arrivé à un point où il n’y a plus le choix. Weapons Of Beauty est le son de ces plaques se déplaçant en moi, trop bruyantes pour être ignorées. Étonnamment, je ne pensais pas que la vulnérabilité pouvait être aussi puissante”
Vous commencez à nous connaître, sur K-RPM ! on aime beaucoup Rival Sons. Alors c’est peu dire que nous étions impatients de vous parler du premier album solo Weapons Of Beauty de leur charismatique chanteur, Jay Buchanan, qui sort ce 6 février, et que j’ avais déjà pu découvrir en live en juillet dernier lors d’une soirée assez confidentielle mais mémorable organisée par le magazine Rolling Stone à Paris.
Et comme nous l’avions pressenti, cet album est de toute beauté. Alliant puissance et poésie, avec juste ce qu’il faut de vibrato dans la voix envoutante de Jay et la langueur de la slide guitare, on a l’impression de naviguer dans un film au fin fond de l’Amérique profonde. L’album a d’ailleurs été enregistré après trois mois passés par Jay dans le désert de Mojave, une sorte de retraite spirituelle dans un bunker, à la dure. “Le silence était à la fois terrifiant et libérateur. La chenille sait quand il est temps de rentrer dans son cocon”.
Difficile de passer à côté du premier titre, Caroline, d’une beauté intense malgré le propos d’une infinie mélancholie. Cette chanson illustre parfaitement la quintessence de l’album : une histoire de gens ordinaires, l’atmosphère des grands espaces américains, et toujours cette lueur d’espoir portée par la voix et la slide.

J’ai l’impression que Jay prend le temps de se poser, en opposition à l’urgence rock de Rival Sons. Ici on est assis au coin du feu en pleine nature avec lui, l’album est beaucoup plus blues que rock (écoutez à ce propos High and Lonesome), et je dirais même « americana » dans le sens premier, à savoir tout ce qui a trait à l’histoire, la géographie, le folklore et la culture des Etats-Unis d’Amérique.
Si c’est un projet solo, il existe néanmoins une grande connivence avec les musiciens, lesquels sont soigneusement choisis mais laissent toute la place à l’expression de Jay, c’est qualitatif (très) mais discret.

Jay Buchanan garde son côté prêcheur avec un fond gospel sur True Black, on s’y voit, on est dans la chapelle avec lui et on a envie d’applaudir en rythme. Tumbleweeds nous emmène sur les grandes routes des US, avec les gens ordinaires, et la voix, éraillée et puissante, se fait de nouveau porteuse d’espoir. Sur The Great Divide on part sur une sonorité très Fleetwood Mac avant de passer en mode crooner avec Dance me To The End Of Love.
La slide, toujours très présente, donne une couleur très chill, positive et enthousiaste à l’ensemble.

L’album se conclue sur le titre éponyme Weapons Of Beauty au piano, sans conteste la plus poétique dans le texte, puisque les armes en question sont les mots et que les chansons permettront de lutter contre l’obscurité.
Amen !
Jay Buchanan sera en concert à Paris le 25 février prochain aux Etoiles.
WORDS BY CAROLINE LANDRE
LIVE PHOTOGRAPHY BY CAROLINE LANDRE & BRIAN DOWNIE
