KOMODRAG & THE MOUNODOR ● Le Réacteur, Issy-Les-Moulineaux

Après le passage fracassant de Lucie Sue dont nous vous parlions précédemment, la voie était grande ouverte pour les têtes d’affiche de la soirée, à savoir le super groupe Komodrag & The Mounodor sur la scène – mythique donc – du Réacteur en ce samedi de novembre.
Car ils arrivent en force, à 7 sur scène et dans leurs plus beaux habits de lumières sortis des 70’s (ou d’une très bonne friperie, il faudra que je me renseigne). Petit rappel pour ceux du fond, Komodrag & The Mounodor c’est la fusion de deux groupes bretons qui étaient faits pour se rencontrer et, pour notre plus grand plaisir, fusionner sans toutefois abandonner leurs projets respectifs. La greffe s’avère parfaite et donc nous voilà avec 3 guitares, 2 batteries, 1 orgue Hammond et 1 basse sur scène, avec moultes franges qui virevoltent, moustaches et cheveux secoués. Le tout dans une vibe mi-classic rock, mi-heavy psych, mi-hard rock parfois (oui ça fait 3 moitiés, et ? on parle pas mathématiques ici!) et avec quelques harmonies dignes des Beach Boys sur It Could Be You par exemple, ou A Stone in A Field.


Les chansons s’égrènent à un rythme effréné, martelées par cet impressionnant duo de batteries, tantôt en décalage tantôt en parfaite synchronisation (la clé résidant dans le regard paraît-il), permettant aussi l’ajout ponctuel de maracas ou de congas, le tout drivé par une nappe d’orgue magnétique.


Le regard fou de Goudzou à la basse terrifie autant qu’il maraboute le public, Organ Fury est en furie sur son clavier, et ce qui transpire le plus finalement (outre les musiciens au sens premier et qui n’hésitent pas à se mêler au public dans la fosse) c’est la parfaite symbiose entre tous, la même envie de nous faire pénétrer dans leur univers des Etats-Unis d’Armorique (que l’on vous recommande fortement d’aller visionner sur YouTube, les clips valent absolument le détour, foncez!). Univers pétri d’exigence musicale pour coller avec justesse à cet esprit 70’s – qu’aucun d’eux n’a pourtant vécu – et d’humour décalé (des crocodiles en Bretagne, vraiment ?). C’est finalement cela le point commun que j’ai trouvé avec Lucie Sue, la déconne et l’auto-dérision mais dans le plus pur sérieux musical.
Et finalement ils en pensent quoi les bretons de cette soirée presque à Paris ? La parole à l’un des deux batteur fous, Elrik Monroe : “Alors déjà, on était bouillants de chez bouillants en sortant d’une dégustation de rhum au lieu d’aller manger ! Ambiance suave et chaleureuse dans la salle, et en même temps, le niveau -2 crée quelque chose de plus piquant, oppressant. Chouette contraste. À l’aise et un peu hors du temps. Public attentif, qui arrive à devenir quelque peu désinvolte par moment, les paroles au bout des lèvres, un plaisir ! Bilan ++ !”.


Ah et pour la petite histoire, vous savez qu’on aime bien comprendre l’origine des noms de groupes par ici, et bien la réponse cette fois-ci est très simple et vous l’aviez peut-être déjà compris, il s’agit d’un mix des noms de chaque groupe, Komodor à ma droite sur le ring en boxer bleu, et Moundrag à ma gauche, gants rouges. On espère creuser prochainement l’origine de l’origine au détour d’une scène, stay tuned !


D’ici là on vous recommande chaleureusement l’écoute de ces finalement trois groupes pour le prix d’un (cadeau de la maison, ne nous remerciez pas), et bien sûr d’aller les voir live près de chez vous !
words & photos : Caroline Landré
