VANTRE ● LE PETIT BAIN, PARIS

Le groupe parisien VANTRE est de retour, pour le plus grand plaisir de nos oreilles, avec un premier album dans les bacs depuis le 10 octobre (dispo sur leur site Vantre | Instagram, Facebook | Linktree) et ça s’est fêté le 12 octobre dernier à Petit Bain pour leur release party en premier partie des autrichiens de Mother’s Cake. Evidemment K-RPM! y était !

Pour mettre tout le monde à niveau on rappellera ici que Vantre c’est une batterie et deux basses, et déjà ça veut en dire beaucoup sur leur style “math-rock / shoegaze / stoner”. Sans chant non plus, histoire de rester bien viscéral et direct dans le propos.

Ceci étant posé, que penser de ce Clonocracy me direz-vous ? Et bien que du bien ! On embarque pour un voyage stratosphérique dans un futur dystopique et pas très accueillant, qui pourrait sonner pessimiste et glauque au possible, comme l’illustre d’ailleurs le formidable clip de Clonocracy. Et pourtant l’espoir émerge par-ci par-là. La batterie souvent martiale et parfois douce avec quelques motifs bien placés maintient en tension continue l’auditeur. Les 2 basses, loin d’adoucir le propos, vont au contraire bien appuyer sur cette ambiance sombre mais la mélodie de fond permet de garder un certain espoir, ou en tout cas un petite lueur au fond du tunnel.

Cela se retrouve aussi dans leurs vidéos: si Clonocracy est terriblement sombre et pessimiste, le passage à la lumière en plein soleil de Conan The Dog, avec le même fil conducteur et le même acteur laisse présumer de la possibilité d’un échappatoire (en revanche ne me demandez pas pour les masques de chiens, on en rediscute à la prochaine interview!).

En live les sourires et les headbang du public confirmaient eux aussi cette impression d’exutoire pas totalement dark. Public par ailleurs au complet dès le début du set ou presque, ce qui prouve que le groupe a réussi à réunir une vraie communauté en dépit d’un statut de première partie.

Franchement le seul bémol de cet album c’est sa durée de 35 minutes bien trop courte au vu de la qualité proposée par les garçons, et le retard d’arrivée des vinyles car nul doute que le stock aurait été sold out dès cette premier soirée j’en suis sûre.

On laisse Vantre nous raconter eux-mêmes la genèse de l’album et les ressentis après la soirée d’écoute puis la release party, avec un petit bonus à la fin pour les plus curieux qui comme moi aiment bien connaître les dessous de l’histoire… et on espère retrouver bien vite le groupe en live pour accompagner ce bel album ! Suivez les bien sur les réseaux pour ne manquer aucune date !

INTERVIEW : VANTRE

K-RPM! : J’imagine que vous devez être fiers de cette sortie d’album, comment étaient les retours à la session d’écoute de vendredi ? Et votre feeling ce soir sur scène ?

VANTRE : Nous sommes en effet très fiers de cet album : nous l’avons façonné à notre image. Il nous a permis de rêver, de nous vider, d’expérimenter… C’était aussi l’occasion de travailler avec des personnes extraordinaires qui nous ont énormément appris. Notre écoute (NDLR vendredi 10 octobre) au Listener (Paris) nous a permis de redécouvrir l’album dans tous ses détails, grâce à leur incroyable salle d’écoute. Les retours ont été très flatteurs, et nous en sommes vraiment ravis ! Nous n’aurions pas pu rêver d’une release party aussi réussie : la salle de Petit Bain était pleine d’un public attentif, impliqué, en transe. Là encore, nous devons remercier toutes les personnes qui nous ont aidé avec une implication sans faille. Le live reste toujours la meilleure façon de transmettre notre musique : quand tout se passe bien, nous vibrons, le temps s’arrête, et il ne reste que du plaisir. Et nous avons tous besoin de ça.

K-RPM! : Il raconte quoi alors cet album ?


VANTRE : L’album parle d’un futur lointain. Nous avons essayé de nous imaginer dans un monde où la technologie a fait faillite, où le manque de ressources entraîne l’infertilité, et où la clonage de soi-même reste la seule voie (pour certain·es) pour se reproduire. L’être humain revient également aux religions, à travers des syncrétismes ambiguës. En général, nous évitons de donner trop d’explications : le but est que chacun·e puisse en percevoir et en cueillir ce qu’il ou elle souhaite.

K-RPM! : Il y a clairement une posture 90’s non ? Évidente dans les vêtements, un peu aussi dans les sons (certains y voient une influence de jeux vidéos ?)

VANTRE : On est tous très 90’s, notamment dans nos influences musicales. Après, on vient de trois univers très différents, et notre objectif est de ne jamais trop ressembler à qui que ce soit. On a aussi du mal à définir notre musique en une seule étiquette (mission accomplie, non ?). Côté style vestimentaire, il n’est pas vraiment défini non plus… en vrai, ça nous embête toujours un peu de devoir faire des choix, contrairement à la musique. Pour le reste, jeux vidéo, cinéma, on veut raconter des histoires. Peu importe le format, la couleur, la longueur ou les instruments utilisés. On voit ça comme de la musique à l’image, sans forcément avoir les images, et c’est un peu notre objectif ultime ! (sourires)

K-RPM! : Et au fait pourquoi ce nom Vantre ??

VANTRE : “Vantre”, c’est le ventre et l’antre. On voulait un mot qui parle de quelque chose de viscéral, d’un endroit secret, intérieur. C’est là que tout commence, dans les tripes, pas dans la tête.

Words & photos : Caroline Landré